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Effets de l'avortement


Un grand nombre de personnes souhaitent explorer la question des effets de l'avortement sur la santé émotionnelle des femmes. Des centaines d'études ont été menées à ce sujet depuis la fin des années 1970. Malheureusement, les résultats d'un grand nombre de ces études prêtent à confusion. Néanmoins, selon l'opinion majoritaire des tenants de la médecine traditionnelle, notamment l'American Psychological Association, le «syndrome post-avortement» n'existe pas.

La recherche scientifique en résumé

Depuis le début des années 1980, des groupes opposés à l'avortement tentent d'établir l'existence d'un «syndrome post-avortement» dont les symptômes rappelleraient ceux du syndrome du stress post-traumatique (SSPT) manifesté par certains vétérans de conflits armés. En 1989, l'American Psychological Association (APA) réunissait un groupe de psychologues possédant une expérience approfondie de la question en vue d'examiner les données. Leur compte rendu indiquait que les études conformes aux critères scientifiques les plus rigoureux n'avaient trouvé aucune trace d'un «syndrome post-avortement» et que, au surcroît, aucun syndrome de cette sorte n'était scientifiquement ou médicalement reconnu.1

Le groupe d'experts concluait que «des études effectuées avec divers échantillons, différentes mesures de réaction et différentes périodes d'évaluation avaient toutes mené à des conclusions similaires. La période où le désarroi est à son comble est généralement celle qui précède l'avortement. Il est rare d'observer des réactions négatives de forte intensité après l'avortement. Celles qui se produisent s'interprètent au mieux dans le contexte des réactions normales aux pressions de la vie quotidienne.»2 Bien que certaines femmes aient des sentiments de regret, de tristesse ou de culpabilité après un avortement, la réaction de loin la plus fréquente en est une de soulagement et de contentement.3

Dans le cadre d'une autre étude, les chercheurs ont étudié un échantillon national de 5,295 femmes. Ces femmes n'avaient pas toutes subi un avortement et un grand nombre avaient eu un avortement entre 1979 et 1987, la période de leur participation à l'étude. Les chercheurs ont pu se renseigner sur la santé émotionnelle des femmes avant et après leur avortement.. Au terme des huit ans de l'étude, ils ont conclu que le facteur le plus susceptible de prédire la santé émotionnelle d'une femme après un avortement était sa santé émotionnelle avant l'avortement. Les femmes qui avaient un haut degré d'amour-propre avant l'avortement étaient les plus susceptibles d'avoir un haut degré d'amour-propre après, peu importe le nombre d'années qui s'étaient écoulées depuis.4

Il importe aussi de comparer les réactions psychologiques à l'avortement aux effets des autres possibilités de résolution du problème d'une grossesse non désirée (faire adopter le bébé ou assumer le rôle de parent). Il existe peu d'études scientifiques sur les effets psychologiques de l'adoption, mais les chercheurs estiment probable «que les effets psychologiques de l'adoption sont plus prononcés que ceux de l'avortement parce qu'ils reflètent différents types de stress. Le stress associé à l'avortement est transitoire, alors que celui de l'adoption, tout comme celui d'une grossesse non désirée menée à terme, pourrait se perpétuer dans le temps pour les femmes qui continuent de se faire des soucis au sujet du sort de l'enfant.»5

Ce que disent les experts

Dans un commentaire paru dans le Journal of the American Medical Association, Nada Stotland, M.D., ancienne présidente de l'Association of Women Psychiatrists, déclarait:

«Ainsi qu'en font foi de nombreuses études prospectives bien conçues menées aux États-Unis et en Europe, il est rare d'observer des séquelles psychiatriques importantes à la suite d'un avortement. Un examen exhaustif récent de ces études confirme leur conclusion. La fréquence des cas de troubles psychiatriques nécessitant l'hospitalisation est beaucoup plus faible après l'avortement qu'après l'accouchement ...Les troubles psychiatriques importants après l'avortement surviennent le plus souvent chez les femmes préalablement atteintes de troubles psychiatriques, chez celles pour qui la décision de se faire avorter était consécutive à des pressions externes subies dans ce sens et chez celles dont la situation était source d'angoisse au moment de l'avortement parce que, par exemple, elles avaient été abandonnées.»6

Henry P. David, PhD, un expert reconnu mondialement dans ce domaine de recherche, donnait le compte rendu suivant lors d'une conférence internationale.

«Les réactions psychologiques de forte intensité sont rares à la suite d'un avortement...Le nombre de cas de cette sorte est très faible et, selon l'ancien Surgeon General des États-Unis C. Everett Koop, peut être considéré comme 'minuscule du point de vue de la santé publique'...La vaste majorité des femmes ressentiront des émotions contradictoires après un avortement, les émotions positives prédominant. Cela est vrai immédiatement après l'avortement et durant un certain temps par la suite...Les comptes rendus font état d'un tableau positif jusqu'à huit ans après l'avortement et il est donc peu probable que des réactions plus négatives se manifestent plus tard.»7

Voici les conclusions d'une étude de huit ans menée par Russo et Dabul et publiée dans la revue Professional Psychology:

«Un examen exhaustif des données, mené de façon à tenir compte de diverses variables et comprenant une comparaison entre femmes noires et femmes blanches, femmes catholiques et non catholiques, femmes ayant eu un avortement ou n'en ayant pas subi, a produit des résultats uniformes: Le fait d'avoir eu un avortement a une influence négligeable tout au plus sur la santé d'une femme, peu importe sa race ou sa religion et peu importe la période étudiée. Le principal facteur de prédiction de l'état d'esprit d'une femme après un avortement était son état d'esprit avant sa grossesse ...Nos résultats sont comparables à ceux d'autres chercheurs, notamment la National Academy of Sciences (1975). La conclusion vaut donc la peine d'être répétée. Malgré l'effort concerté de certains pour convaincre le public de l'existence d'un traumatisme post-avortement qui serait répandu et de forte intensité, il n'existe aucune preuve scientifique de l'existence d'un tel traumatisme, malgré le fait qu'un avortement survient dans le contexte très angoissant d'une grossesse non désirée.»8 (italiques ajoutées)

L'effet des activités anti-choix

Russo et Dabul8 font remarquer qu'au moment des entrevues avec les participantes à l'étude, soit durant la période de 1979 à 1987, les activités anti-choix destinées à stigmatiser l'avortement n'avaient pas encore atteint une grande ampleur. Aujourd'hui, les groupes anti-choix harcèlent régulièrement le personnel des cliniques, intimident les patientes qui s'y rendent et utilisent un langage immodéré destiné à punir les femmes (p.ex. «l'avortement équivaut au meurtre», «tueuses de bébés»). En outre, on observe depuis quelques années une nouvelle stratégie de la part des groupes anti-choix, soit celle d'offrir le «counseling» aux femmes. Plutôt que de chercher à comprendre l'origine du désarroi psychologique de la femme et de lui offrir une thérapie sans préjugés, les conseillères anti-choix cherchent généralement à faire en sorte que la femme tourne sa colère vers les pourvoyeurs d'avortement, lui disant que les femmes sont mal informées au sujet du traumatisme infligé par l'avortement. Les préjugés politiques de ces conseillères et l'usage abusif qu'elles font des services d'aide psychologique font que leurs clientes se retrouvent souvent en colère et avec le sentiment d'avoir été trahies.

Russo et Dabul8 concluaient que praticiens et praticiennes devraient reconnaître les effets préjudiciables de l'ostracisme social ressenti par les candidates à l'avortement. Certaines difficultés observées après l'avortement pourraient être consécutives au manque de soutien social, vu qu'on attend des femmes qu'elles assument la majeure partie du fardeau d'une grossesse non intentionnelle planifiée et non désirée. Les chercheurs invitaient praticiens et praticiennes à continuer à fournir des renseignements justes, étant donné qu'un grand nombre de femmes sont induites en erreur par les opposants au choix, ce qui pourrait à son tour être source de difficultés si elles choisissent l'avortement. Qui plus est, les femmes qui ont des difficultés après un avortement devraient être encouragées à consulter une psychologue professionnelle ou à adhérer à un groupe de soutien supervisé par une professionnelle des soins de santé mentale, plutôt qu'à un groupe parrainé par une organisation opposée au choix.

Références

  1. American Psychological Association. "APA research review finds no evidence of 'post-abortion syndrome' but research studies on psychological effects of abortion inconclusive." Press release, January 18, 1989.
  2. Adler NE, et al. "Psychological responses after abortion." Science, April 1990, 248: 41-44.
  3. Adler NE, et al. "Psychological factors in abortion: a review." American Psychologist, 1992, 47(10): 1194-1204.
  4. Russo NF, Zierk KL. "Abortion, childbearing, and women's well-being." Professional Psychology: Research and Practice, 1992, 23(4): 269-280.
  5. Russo NF. "Psychological aspects of unwanted pregnancy and its resolution." In J.D. Butler and D.F. Walbert (eds.), Abortion, Medicine, and the Law (4th Ed., pp. 593-626). New York: Facts on File, 1992.
  6. Stotland N. "The myth of the abortion trauma syndrome." Journal of the American Medical Association, 1992, 268(15): 2078-2079.
  7. David HP. "Comment:post-abortion trauma." Abortion Review Incorporating Abortion Research Notes, Spring, 1996, 59: 1-3.
  8. Russo NF, Dabul, AJ. "The relationship of abortion to well-being: Do race and religion make a difference?" Professional Psychology: Research and Practice, 1997, 28(1): 1-9.

Pour information additionelle

Pour obtenir un complément ou être adressée à un pourvoyeur qualifié d'avortement, appelez la ligne d'assistance sans frais de la National Abortion Federation:
1-800-772-9100.

Semaine: 08h00-21h00.
Samedi: 09h00-17h00, heure de l'est.

National Abortion Federation – Fédération nationale de l'avortement
P.O. Box 42065
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Rédaction: Rene Almeling and Laureen Tews, MPH
Assistance à la recherche: Sahar Rais
Copyright© 1999, National Abortion Federation

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